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Essais & Simulations n° 131

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Les Bureaux d’études face aux défis des données toujours plus denses

DOSSIER BUREAUX

DOSSIER BUREAUX D’ÉTUDES tique afin de mettre en relation l’ensemble des services, d’homogénéiser les points de vue et d’être mieux à même de justifier les choix entrepris. Des outils informatiques existent, permettant de supporter ces différentes phases tels que le PDM, l’EDM pour le process ou encore l’ERP pour la production. Objectif : collecter les données pour récupérer les informations utiles à la prise Laserdyne de Prima Power de décision. « Plusieurs problématiques émergent néanmoins, prévient Farouk Belkadi. À commencer par la nécessité d’une coexistence des données sur des projets communs avec des métiers très différents, alors même que chaque acteur d’un même projet travaille avec son propre système d’informations et ses propres valeurs. Il convient aussi de mettre en place des modèles permettant d’utiliser les connaissances de chacun et résoudre des problèmes identifiés par le passé, dans des cas similaires au projet ; cela se fait aujourd’hui en partie grâce à l’intelligence artificielle ». Ainsi, ce que l’on peut retenir, c’est qu’« il est devenu impossible de prendre les bonnes décisions sans un support intelligent ». Deux modes existent : l’un dit classique, reposant sur une approche « métier » et une élaboration par déduction. L’autre, moins fastidieux, appelé « connexionniste », permet d’apprendre à partir des données terrain afin d’établir ses propres règles, en automatique ; les données proviennent désormais de la conception (simulation, CAO…) et des process de fabrication (usine connectée), mais aussi de l’IoT (Internet des objets), des avis d’utilisateurs et toute autre remontée d’informations comme les prévisions météorologiques par exemple… « On vient structurer tout ça puis on pioche l’information dont on a besoin grâce au calcul haute performance [HPC – NDLR] et le Big Data. Le problème est qu’il existe pour le moment peu de méthodes "connexionnistes" entre les règles et les données issues du terrain ». PLUSIEURS PROJETS ET CAS INDUSTRIELS Deux projets FUI nationaux portant sur l’aéronautique ont mis en avant le cas d’une chaîne numérique transférant de nombreuses données mais qu’il n’était pas possible de réutiliser. L’idée a donc été de prendre les données massives d’usinage en sortie de la FAO et de récupérer les informations utiles, les structurer et d’établir une connexion avec le PLM afin d’y intégrer les paramètres de coupe. On est désormais capables de savoir s’il est possible de réaliser telle ou telle opération de coupe, de perçage ou autre, et d’anticiper les éventuels problèmes d’usinage grâce à une connaissance plus fine. Le projet SDM4DoE permet quant à lui de structurer l’aide à la décision portant sur les plans d’expérience numériques (PEN). L’objectif est d’en sortir des analyses fines issus des paramètres, de la simulation et du post-traitement afin d’augmenter la performance du PEN. « Dans ce projet, nous utilisons l’interface de notre plateforme dans laquelle on intègre des métadonnées et les plans travaillés, détaille Farouk Belkadi. On identifie ensuite si des cas similaires ont déjà été abordés, puis on cherche à proposer, grâce à l’intelligence artificielle, des indications d’aide à la décision pour choisir les bons paramètres. On entre toutes les informations retenues et on lance l’application ». Ce modèle ontologique des données permet de gérer la data. Enfin, le projet ICP4Life a quant à lui pour objet d’utiliser la SDM pour la conception et la gestion de vie d’un système de produit-service. Il s’agit en somme d’élargir le produit à la notion de service en ajoutant par exemple des capteurs, et améliorer par exemple la relation entre le client et le fournisseur. Ce projet complexe a abouti au développement d’une plateforme collaborative unique permettant de concevoir, produire et gérer le service à travers des capteurs associés à différents types de mesure pour différents types de services. Un système mis en œuvre chez l’Italien Prima Power, spécialiste des machines de tôlerie et laser, et lui a permis d’optimiser son service pour faire de l’amélioration continue. En s’appuyant sur l’intelligence artificielle et la récupération de données des capteurs, l’industriel a pu considérablement améliorer son service client. Les données du capteur permettent de surveiller les processus et d’optimiser la planification des processus, ainsi que garder un œil sur la santé des équipements. Elles donnent enfin la possibilité d’améliorer l’assistance à distance pour la planification de processus et les configurations d’équipement pour des demandes spéciales de production, mais aussi d’optimiser l’assistance de maintenance à distance en s’appuyant sur la réalité augmentée. Olivier Guillon * Laboratoire des sciences du numérique de Nantes (LS2N) 54 IESSAIS & SIMULATIONS • N°131 • Décembre 2017

DOSSIER BUREAUX D’ÉTUDES ENTRETIEN La simulation comme salut des entreprises innovantes Innover, toujours et plus vite, telle est la réalité d’aujourd’hui pour un grand nombre d’industriels et le défi des ingénieurs de bureaux d’études. Responsable technique de MSC Software en France, Antoine Langlois revient sur les besoins croissants des bureaux d’études en matière d’outils logiciels et tout particulièrement en matière de simulation numérique. Antoine Langlois – curriculum vitae Responsable Technique de MSC Software en France, Antoine Langlois est diplômé de l’École d’ingénieur en mécanique (EUDIL). Avant d’intégrer l’éditeur américain, Antoine Langlois est employé au sein de la société Dassault Data Systems en missions sur sites clients avant de passer un an chez Matra Espace pour travailler sur les structures spatiales et la propagation de fissures, puis neuf ans à la SGN (Cogema – structures nucléaires, mécaniques et dimensionnement, thermiques et procédés). Antoine Langlois rejoint MSC Software il y a vingt ans comme ingénieur d’application tout d’abord puis à différents postes à la fois en France et en Europe pour enfin devenir responsable technique France depuis dix ans. Ce poste couvre les trois grands types d’activités techniques : l’avant-vente, les services (études, développements, formations, assistance technique) et le support technique (Hotline). QUE REPRÉSENTENT LES BUREAUX D’ÉTUDES POUR MSC ? COMMENT A ÉVOLUÉ CE DOMAINE CES DERNIÈRES ANNÉES POUR L’ÉDITEUR ? MSC Software a été durant de nombreuses années essentiellement focalisé sur les grands secteurs d’activités et leurs principaux acteurs (aéronautiques, spatiaux et automobiles). Depuis plus de quinze ans, l’entreprise a étendu son activité aux petites et moyennes entreprises et en particulier les bureaux d’études en proposant des solutions adaptées. QUELLES SONT LES PARTICULARITÉS DES BUREAUX D’ÉTUDES ? Celles-ci sont multiples. D’une part, ils disposent d’une solution CAO pour le design, souvent basée sur l’expérience, et parfois de solutions de calcul intégrées dont les capacités sont limitées. D’autre part, les bureaux d’études possèdent des ressources qui ne pratiquent la simulation numérique qu’occasionnellement. Enfin, ils sont fréquemment confrontés à des problématiques très diverses et souvent ponctuellement (mécanique, acoustique, thermique, matériaux, fatigue etc.). Ce domaine correspond désormais à 25% du marché MSC Software et couvre de multiples secteurs d’activités. À QUELLES PROBLÉMATIQUES SONT-ILS CONFRONTÉS ? Les besoins des bureaux d’études sont croissants en termes de simulation. Ils sont en effet de plus en plus confrontés à la compétition (étrangère parfois) qui utilise une approche numérique. Ils ont besoin d’innover et, pour cela, investiguer des solutions techniques toujours plus nombreuses et complexes ; le coût des essais devient rédhibitoire. Et c’est sans omettre le fait que les personnes expérimentées partent en retraite avec leurs connaissances. Il est donc important pour eux de formaliser et ESSAIS & SIMULATIONS • N°131 • Décembre 2017 I55

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